En 1974, un substitut du procureur de Marseille, Oswald Baudot, avait adressé ce message à l’attention des magistrats qui débutaient leur carrière : « Soyez partiaux. La loi s’interprète. Elle dira ce que vous voulez qu’elle dise. Sans y changer un iota, on peut, avec les plus solides attendus du monde, donner raison à l’un ou à l’autre, acquitter ou condamner au maximum de la peine ».
Que penser de cette prise de position, par ailleurs écrite ? La justice n’est-elle pas censé être indépendante ? La justice n’est-elle pas censé appliquer le droit avec rectitude, donc impartialité et neutralité ? A croire que non !
La justice est avant tout un des trois pouvoirs, que certains, comme ce magistrat, considère plutôt comme un contre-pouvoir, un glaive à défaut d’une balance.
Souhaitez-vous subir cette guerre ? Souhaitez-vous être jeté sur ce champ de bataille ? Rappelons-nous en effet ces paroles de Charles Péguy : « le droit ne fait pas la paix, il fait la guerre ».
Souhaitez-vous subir cette justice risquant d’être partiale, jusqu’à l’injustice, jusqu’à l’humiliation, comme jadis les indiens Pueblos de Taos, contraints de recouvrir leur torse dénudé d’un drap blanc, parce que l’homme blanc récemment débarqué sur leurs terres étaient heurtés par leur nudité ! Une décision partiale, arbitraire, incompréhensible, brutale, pouvant paraître anodine mais lourde de sens, car signant le début imperceptible d’un étouffement à bas bruit dont on sait qu’il finira de manière tragique par le massacre de l’ensemble des tribus indiennes.
Quant à moi, je ne souhaite ni la guerre, ni la contrainte injuste, ni la moindre tentative d’étouffement de ma parole et de mes décisions. Je souhaite être libre de mes choix. Je ne veux pas que ma vie repose sur la décision d’un juge, dont il est à craindre qu’il se serve avant de servir, qu’il pense le droit à sa guise plutôt que de l’appliquer selon la devise de la République : ainsi, la « liberté » de pouvoir dire le droit au-delà de toute pression politique ou de toute autre dimension partisane, l’ « égalité » du jugement rendu quel que soit le statu et le rang de la personne jugé et enfin la « fraternité » dans l’expression du droit ainsi appliqué avec justesse, parcimonie et équilibre.
Sauf que deux juges pourront effectivement rendre deux jugements radicalement différents, l’un en 1re instance, l’autre en appel : pourquoi ?
Alors voici mon propre appel : ayons recours autant que possible en 1re intention à la médiation professionnelle : elle seule est impartiale, neutre et indépendante, car elle n’est pas un pouvoir et n’a aucun pouvoir, hormis celui que vous aurez décidé librement de lui attribuer.