Dans ma sphère professionnelle, l’absorption et la gestion des trop nombreux mails que je reçois au quotidien s’avèrent ce qui demeure invariablement le plus chronophage et le plus anxiogène. Ce traitement demande en effet de la discipline et une forte assiduité, car ce flot ne s’arrête jamais ! Une mécanique exponentielle est même chaque jour en marche, car il faut continuellement poursuivre le suivi et le traitement des réponses reçues ; réponses dont le caractère est bien trop fréquemment empreint d’insuffisance, parfois de mauvaise foi, d’agressivité larvée ou directe, voire tout simplement de propos malhonnêtes au regard des enjeux.
Au-delà de ce vécu, ce qui m’est par contre totalement insupportable, c’est l’absence de réponse à mes propres mails. Car que peut-elle signifier ? Que la personne n’a pas lu mon mail ? Qu’elle ne sait quoi répondre ? Qu’elle ne veut pas me répondre ? Et dès lors si tel est le cas, pourquoi ?
Pour chacun d’entre nous pouvant être confrontés à cette situation, cette incertitude fait naître diverses questions et peut alimenter notre imagination, qu’elle soit débordante ou non. Ce silence pourra aller jusqu’à provoquer en soi de la colère, donc être à l’initiative d’un conflit implicite, puis si cela perdure dans le temps devenir bien réel.
Ainsi, la genèse d’un conflit ne prend pas forcément racine dans une joute oratoire, un affrontement direct, une mésentente profonde, de la mauvaise foi, une interprétation différente d’une situation ou une source de dissension quelconque. Un conflit peut tout simplement naître d’un silence profond, d’une absence d’écoute et de dialogue.
La communication est ainsi la clef de résolution invariable pour tout problème ; à l’inverse, sa négation s’avère la source de tout conflit, quel qu’en soit la nature et l’ampleur.
