Ce vers quoi doit tendre la pratique managériale.

Antoine de Saint Exupéry a superbement dit : « si tu veux construire un bateau, ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres, pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose … Si tu veux construire un bateau, fais naître dans le cœur de tes hommes et femmes le désir de la mer ».

Tout semble dit en deux phrases pour décrire avec clarté et brio ce qu’est un bon management et à contrario un management tout aussi toxique qu’inopérant.

L’incompétence managériale renvoie à un procédé d’ordre uniquement pyramidal, vertical descendant, infantilisant, hyper contrôlant, où la seule règle qui prévaut repose sur le principe que la hiérarchie est une science exacte : peu de communication directe, du moins en authenticité, aucun échange d’arguments ni de débat contradictoire et très peu d’interactions en général ; aucune réelle écoute, aucune prise en considération des collaborateurs ni remise en question des certitudes établies en haut lieu, alors appliquées par automatismes et facilité.

Un management digne de ce nom, contemporain et adapté, doit au contraire savoir emporter l’adhésion, parvenir ainsi à convaincre, à donner du sens, à donner envie de faire ce qui est requis, à tenter au maximum d’éradiquer toutes sortes d’injonctions contradictoires, à élever les femmes et les hommes de son équipe, à les considérer, à les responsabiliser ; prônant pour cela l’initiative, l’autonomie, l’autodétermination dans un périmètre clair, l’interaction agile, l’intelligence collective ; sachant mettre en exergue une posture transversale, le maillage et la complémentarité des compétences, ainsi que la primauté de l’action pédagogique en toute circonstance, donnant par ailleurs la possibilité de l’apprentissage par l’erreur.

Manager, c’est également et avant tout savoir être humble et se mettre à la portée des autres, avoir comme objectif de pouvoir s’accorder ensemble, d’une manière ou d’une autre, pour guider son équipe avec précision et justesse ; ainsi, toujours faire en sorte de pouvoir s’entendre sur l’essentiel, accompagner l’autre, privilégier la qualité relationnelle sur toute autre considération, de même que le respect, l’écoute et l’observation, conditions sine qua non pour que cet autre, qui n’est pas un autre soi-même mais un individu singulier, accepte d’entendre les messages, conseils, instructions et parfois certaines directives sans autre alternative que de devoir les appliquer, d’où l’importance de donner continuellement une perspective à nos actions, mais aussi l’envie de bien faire, de s’ouvrir et d’apprendre sans cesse.

Un manager se doit enfin et surtout de s’adapter, de faire confiance, de renforcer et de faire grandir les autres pour obtenir le meilleur d’eux-mêmes.