L’absence de communication, ce silence relationnel, est la cause principale de conflits, tant dans son processus d’apparition que dans son enracinement. Ce n’est pas le défaut de qualité relationnelle qui explique ces vagues successives de conflits, quelque que soit la sphère de référence – tant privée que professionnelle ou sociale – mais c’est ce dialogue impossible, ces mots que l’on ne parvient plus à prononcer, cet élan que l’on ne se sent pas le courage ou la force d’impulser en direction de l’autre.
Un conflit silencieux est pire qu’un conflit orageux. Quand il parvient à s’exprimer ouvertement, tout est alors à disposition pour permettre au médiateur professionnel d’agir et d’accompagner les personnes afin qu’elles résolvent par elles-mêmes et pour elles-mêmes leur conflit. Masi quand il est étouffé, bâillonné par la peur ou tout autre traumatisme invisible, un travail bien plus précis et urgent s’impose ; le médiateur professionnel ayant alors d’autant plus son importance et sa place dans ce processus complexe, souvent insurmontable pour les personnes impliquées si elles ne se font pas aider.
Briser le silence, renouer le dialogue, tisser à nouveau des liens. Réparer, recréer du lien, faire alliance. Résoudre un conflit, construire une solution, un accord.
En aval de ce continuum se trouve la qualité relationnelle. La médiation est le chemin menant à l’entente. Le conflit en est son point de départ. Mais le silence sera la grotte dont il faut au préalable sortir.
Rappelons-nous l’allégorie de la caverne de Platon. Relisons-la. Sortons de l’ignorance et du silence. Crions notre envie d’entente.
