Je dispose de peu de souvenirs précis de mes cours de physique au lycée, mais il est un élément qui m’a durablement marqué : ainsi, la solution d’un problème dépend-t-elle de l’hypothèse de départ se rapportant à la désignation d’un référentiel galiléen.
Si je prends l’exemple d’un train qui progresse à une certaine vitesse, désigner comme référentiel galiléen le soleil permet de définir la vitesse des passagers qui s’y trouvent égale à celle du train. Par contre, la vitesse des passagers sera nulle ou égale à celle de leur déplacement propre à l’intérieur du train si le référentiel choisi est le train lui-même.
Pourquoi vous évoquez cela ? Parce que chacun d’entre nous, en fonction de son milieu social, de son éducation et de ses expériences, se construit son propre référentiel de vie, qui nous fera identifier des situations d’une certaine manière et y réagir selon nos choix singuliers ; ceci constituant de facto la source principale des conflits générés avec les autres, quels qu’ils soient, petits ou complexes.
La mission d’un médiateur professionnel devra alors consister à pouvoir identifier les référentiels des uns et des autres, puis faire en sorte que les personnes parviennent à repérer chez l’autre un dénominateur commun avec les siens ; mouvement qui sera à l’origine de leur progression relationnelle et de leur cheminement vers une voie de résolution de leur conflit.
Comme l’affirmait Albert Einstein, « aucun problème ne peut être résolu sans que change le niveau de conscience de celui qui l’a créé ». Dès lors, une fois effectué ce repérage de l’existence ou non d’une zone de superposition possible de leurs référentiels respectifs, il deviendra envisageable pour ces personnes en conflit de définir, à partir de cette communauté de valeurs ou d’expériences, quel consensus pourrait s’avérer possible entre elles, y compris et surtout en faisant évoluer conjointement et concomitamment leur propre référentiel.
