Voici une citation qui me semble parlante et adaptée à l’air du temps : « il faut du vent dans les églises, mais pas au point d’éteindre les bougies ».
Ce qu’elle signifie à mes yeux, c’est qu’aujourd’hui, dans les médias, les réseaux sociaux, les transports, les réunions, les séquences du quotidien quel que soit le lieu et les circonstances, chacun s’estime être prévalent sur les autres et tout le reste : je suis prioritaire, j’ai raison, je fais ce que je veux et je vous …
Sauve qui peut de faire ce constat, au détriment de la politesse et du respect, voire de la loi ou du simple savoir-vivre ! Estimer avoir ainsi raison, défendre son point de vue de manière binaire, sans donner à l’autre la moindre possibilité de discuter, de donner son avis, d’être écouté ; voilà ce qui nous entoure, nous enserre, nous étouffe et tue l’humanité à petit feu.
Résister ? S’exposer aux risques de violences verbales ou physiques immédiates ? A bas le débat, l’échange, le dialogue, l’ouverture à d’autres idées, d’autres possibilités, d’autres hypothèses, à l’incertitude, au doute, à une once de nuance dans un propos, une idée, une suggestion ? Vive l’arrogance, l’impertinence, la condescendance et le mépris de l’autre, sous-tendue par une colère permanente contre tout ?
Pensée radicale, action radicale et fermeture d’esprit à toute opinion ou religion qui ne soient pas les siennes : telle est ce qui semble devenir la règle, se banaliser et ce qu’il faut en réalité combattre chacun sans relâche. Ainsi, notamment en qualité de médiateur mais également de citoyen responsable et acteur de la vie en société, réinterrogeons-nous sur la nécessité absolue de tolérance, de nuances, d’équilibre, de juste mesure ; car sans cela, aucune action sur la qualité relationnelle ne sera contributive à la résolution de conflit et à l’instauration de l’entente, tant interpersonnelle que sociale, de même que s’évaporera la liberté individuelle et collective.
