Vive la liberté !

En médiation comme en amour, la lucidité arrive souvent trop tard, mais pas forcément, preuve en est de cette information que je vous partage.

Ainsi, à force de penser par moi-même, doutant comme Descartes de la vérité que l’on m’a fait ingurgiter durant ma formation et qui m’a été ainsi rabâchée en mode formatage de cerveau ; sachant dès lors séparer le bon grain de l’ivraie, j’ai décidé de fuir au dehors de la grotte de Lascoux, très belle en apparence mais en réalité aveuglée par sa propre beauté. Je prends dès à présent la porte de la CPMN, cette Caverne de Platon, prison présentée en refuge mais qui n’est autre qu’un lieu clos et hermétique, emplie de Médiateurs maintenus enchaînés par quelques leaders Négatifs qui se pensent précurseurs et novateurs, mais dont la seule vertu aura été d’ouvrir, au service de la pratique de la médiation et de la négociation, une voie majeure parmi tant d’autres, toutes aussi majeures.

Sauf qu’aujourd’hui et de plus en plus, leurs écrits et leurs voix dérivent à contre-sens de ce pour quoi ils ont œuvré, à savoir qu’ils déploient une féroce intolérance envers tous ceux qui pensent différemment d’eux ; de même qu’ils persistent obscurément et invariablement à vouloir dire et faire prévaloir un discours tendant à affirmer que seuls eux détiennent la vérité et la bonne pratique en médiation, s’excluant dès lors par eux-mêmes de toutes les organisations qui tentent de rassembler les différents courants conceptuels et opérationnels existants dans ce domaine.

Sauf qu’ils piétinent en permanence le principe de qualité relationnelle, qu’ils font pourtant prévaloir à toutes les sauces, de par leur attitude hautaine et arrogante, sous-tendue de propos réellement frontaux, violents et haineux.

Sauf qu’ils tuent dans l’œuf toute tentative de dialogue dès que l’on affiche notre désaccord avec eux ; l’entente interpersonnelle et sociale prônée là encore en permanence pouvant s’envisager, mais à sens unique, selon leur seule doctrine et façon de décrypter la réalité.

Sauf qu’il est hors de question que je continue à cautionner implicitement cette dictature de la pensée, cette insoumission assumée à l’ordre établie et notamment au pouvoir judiciaire ; de même que l’allégeance attendue au grand gourou, qui seul a raison, au nom soi-disant de la raison, est à vomir et m’insupporte, car elle est en réalité et tout simplement insupportable pour toute personne censée. Que celles et ceux qui y croient encore ouvrent tout comme moi les yeux et s’interrogent, au nom de cette citation d’Hannah Arendt : « l’être humain ne doit jamais cesser de penser. C’est le seul rempart contre la barbarie ».

Bref, tchao, je pars rejoindre l’ANM, l’Association Nationale des Médiateurs, dont le message est quant à lui apaisé, limpide, conforme en paroles et surtout en actes au Code National de Déontologie du Médiateur ; un message rassembleur, positif et constructif, réellement ouvert à la discussion, promoteur de l’intelligence collective et d’un travail collaboratif qui permettra de développer et de démocratiser la médiation au sein d’une société qui en a plus que jamais besoin. C’est là que la médiation vit et se développe, ensemble, en s’ouvrant aux autres, en sachant tenir compte des autres, en leur prêtant réellement attention, en sachant douter, écouter, observer, pour sans cesse progresser. C’est donc là qu’est ma place.