« La théorie LET THEM », de Mel ROBBINS.

Ce livre est un ouvrage de référence pour qui souhaite réfléchir et mener un travail sur lui-même. Il en émane une force que beaucoup n’ont pas, car trop théoriques, alors que celui-ci part de l’expérience et du cheminement vécus par l’auteure. Son message est dès lors limpide, authentique, puissant et si simple, nous entrainant par ailleurs aux antipodes de la culpabilité que certaines autres lectures peuvent générer. Ici, aucune frustration, aucune lamentation ni résignations possibles : une méthode évidente, parfaitement applicable et par ailleurs, une leçon pour tout médiateur un tant soit peu ouvert d’esprit et curieux de mener une auto-analyse de pratique.

Voici en quelques lignes ce que j’en retiens : tout d’abord et essentiellement que quels que soient les efforts mis en œuvre, personne ne peut jamais contrôler ou changer autrui. La seule personne que l’on peut contrôler – que ce soit ses pensées, ses émotions ou ses actes –, c’est en l’occurrence et uniquement soi-même.

Dès lors, si l’on se préoccupe de ce que les autres pensent, disent et font, cela n’aura comme conséquence que de générer en nous du stress, de l’anxiété, des tensions et au final des frictions ou des conflits inutiles avec les personnes concernées. Si l’on s’évertue à vouloir surveiller l’autre, ou tentons de l’influencer, voire de lui imposer certaines idées ou actions, nous avons alors dans l’immédiateté l’illusion de nous sentir en sécurité ; sauf qu’il faut se rendre à l’évidence qu’il est véritablement impossible de contrôler ainsi la vie des autres, ce qui par exemple pour des parents d’adolescents ou de jeunes adultes notamment est très perturbant et insécurisant. Ceci n’est bien évidemment pas valable à destination des jeunes enfants, cela va sans dire, mais cela va mieux en le précisant !

La théorie « Let Them » (« laissez-les ») permet ainsi d’intégrer et peu à peu d’accepter cette réalité visant à reconnaître que les choix et les actes d’autrui ne sont pas de notre ressort. Ce constat permet alors de retrouver notre liberté émotionnelle, puisque nous apprenons à nous détacher, nous distancer des situations qui déclenchent en nous de fortes émotions. Lorsqu’une situation échappe à notre contrôle malgré avoir essayé de tout faire pour la changer, il faut ainsi cesser de perdre plus de temps à tenter d’y remédier, avec comme conséquence de nous stresser en permanence : nous avons par exemple la possibilité de choisir de quitter notre travail, notre conjoint ou plus simplement une conversation à l’origine de cette situation.

Lorsque nous parvenons à dire « laissez-les », nous cessons ainsi de vouloir contrôler l’incontrôlable. Lorsque nous disons ensuite « laissez-moi », l’autre face de la pièce de cette théorie, nous apprenons alors à endosser la responsabilité de nos actes ; car nous ne pouvons pas en effet contrôler le monde autour de soi, mais nous pouvons contrôler ce que nous disons, faisons et pensons : c’est là que réside notre véritable pouvoir. La théorie « Let Them » permet de se rendre compte que notre temps et notre énergie sont précieuses : dès lors, qu’est-ce qui en vaut la peine ? « Laissons les autres penser ce qu’ils veulent et laissez-moi faire ce que je veux. Laissez-moi prendre mes décisions conformément à mes valeurs. Laissez-moi prendre des risques si j’en ai envie. Laissez-moi suivre mon chemin, en accord avec mes valeurs et non sous le poids du regard et de l’opinion des autres ».

Il existe une autre grande leçon de ce livre à mes yeux : « ainsi, en appliquant la théorie « Let Them » et en faisant preuve d’acceptation et de compréhension, il y a de l’espace pour que deux opinions différentes soient vraies, que chacun ait raison, parce que chacun détient des référentiels différents basés sur son propre vécu, tout aussi légitime l’un que l’autre. Laissons l’autre avoir sa propre opinion, entrons dans le référentiel de l’autre et faisons en sorte de comprendre son point de vue, acceptons la personne telle qu’elle est, ce qui améliorera la relation entre nous. Car en se concentrant sur ce que je peux contrôler (mes pensées mes actions, mon énergie), je libère mon pouvoir de changer, donc de changer le système auquel j’appartiens, donc d’améliorer les relations avec les autres qui m’entourent ».

Pour terminer, quel meilleur résumé que cet extrait : « Songez-y un instant. Le ciel fait ce qu’il fait : les nuages s’amoncellent, les tempêtes arrivent et le soleil brille quand il veut. Vous ne pouvez pas le contrôler, mais vous pouvez contrôler la façon dont vous naviguez sous le ciel. Vous pouvez porter un parapluie ; vous pouvez danser sous la pluie ; vous pouvez courir après le soleil quand il le faut. Les personnes et les situations qui vous entourent sont comme le temps qu’il fait. Vous ne pourrez jamais contrôler les autres – leur façon de penser, d’agir, de vous aimer ou non, ou la vitesse de leur passage en caisse à l’épicerie. Alors, pourquoi leur accorder un tel contrôle sur vous ? Pourquoi confiez quelque chose d’aussi précieux que votre confiance, votre tranquillité d’esprit, votre bonheur et vos rêves aux caprices et aux humeurs de votre entourage ? Si vous ne dites pas « laissez-les », vous vous laissez influencer par les inquiétudes, les actes, les incertitudes et les opinions des autres. Si vous ne dites pas « laissez-moi », vous laissez le cours de votre vie à la merci du hasard ».

Dès lors, arrêtons pour nous-même de vouloir contrôler les autres et recentrons-nous sur ce que l’on peut contrôler, à savoir soi-même, ceci afin de se sentir bien et donc de pouvoir faire le bien autour de soi. Sachons considérer l’autre avec altérité, tolérance, ouverture d’esprit et gratitude. Sachons lâcher-prise de toutes les contraintes extérieures, telle l’eau qui glisse sur les plumes du canard. Sachons, en qualité de médiateur, repérer en l’autre ce qu’il a en lui de bon à réinvestir envers autrui ; apprenons à le décrypter afin d’accompagner les personnes en conflit vers une réappropriation de leur relation, un nouveau dialogue, un nouveau départ les éloignant peu à peu de leur zone de conflit.