Il existe deux catégories de managers : ceux qui sont en retrait, qui pilotent à distance, qui croient tout savoir, qui le plus souvent commandent, décrètent, imposent avec rigidité et autorité sans se soucier un instant de la mise en œuvre et de la manière dont tout ceci est perçu par les professionnels qu’ils encadrent. Et puis il y a ceux qui, un peu à l’image de Bonaparte, sont au milieu de leurs soldats, au cœur de l’action ; ceux qui commandent et s’impliquent, participant en même temps à l’application de leurs propres ordres, sachant dès lors les adapter si nécessaire au lieu de s’entêter et de rejeter la faute d’un échec éventuel sur leurs troupes.
Un bon manager doit ainsi être au milieu de ses équipes : tel un contre-maître dans la mine, tenant près d’eux une lampe supplémentaire, éclairant ses ouvriers pour qu’ils voient ce qu’ils font, où se trouve le charbon à extraire ; pour également qu’ils se voient entre eux, se coordonnent, soient efficaces et travaillent de concert, ensemble.
Un bon manager est celui qui soutient ses équipes, les guide, les accompagne, les renforce, leur apprend à devenir plus autonomes, plus responsables, dès lors conscientes de leur valeur. Il leur fera confiance, les valorisera, donnera du sens au travail engagé ensemble. Sans ce mouvement parfois très difficile à instaurer et à maintenir dans le temps, sans ce dépassement d’une simple autorité hiérarchique, rien ne pourra jamais être construit durablement et solidement.
Agissant de cette manière, un manager instaurera et enracinera un véritable esprit solidaire, construira un collectif, indiquera le chemin à suivre, donnera ainsi du sens au travail à accomplir, fédérera, resserrera le maillage et permettra que l’entente interpersonnelle et sociale prévale sur les divisions et les frictions, pour autant naturelles au quotidien, ceci au service d’une motivation et d’un projet commun et partagé.
