Ce film est peut-être effectivement l’un des plus étranges, des plus poétiques et des plus inspirants pour qui le temps est tout à la fois un sujet d’interrogation, de crainte, d’angoisse ou devenu, par la force des choses, un chemin vers la sagesse et la sérénité.
A la croisée du temps, de cette vie inversée de Benjamin avec celle de Daisy, cette intersection de leurs deux existences durant laquelle ils vont follement s’aimer et profiter de ces instants en toute connaissance de cause ; cette scène où ils chevauchent une moto, avec la sensation qui s’en dégage que tout est alors possible et atteignable, que le temps est finalement figé et que la vie leur appartient.
Et puis tout s’arrête, car c’est le temps qui file, continue sa course, les séparant irrémédiablement, jusqu’à ce que la mort de l’un les rassemble une dernière fois, paraissant alors tous les deux ne faire plus qu’un.
Tout est décidément fugace, rien ne demeure : dès lors, profitons de chaque moment et ouvrons-nous à la beauté de l’existence, à cette harmonie si rare que le temps parfois nous offre, issue d’une luminosité d’un soir d’été, de la douceur de l’air et du sentiment de quiétude qui s’en dégage et nous entoure.
Respirons cet air et gardons en nous ce souffle de vie, cet instant magique.
