Combien de tensions, de postures d’entêtement, de conflits larvés ou majeurs pourraient être évités simplement en acceptant de se regarder et d’amorcer un échange, quel qu’en soit la nature, y compris banal et de prime abord sans le moindre intérêt ?
Les premiers mots échangés sont les plus durs à prononcer, mais ils permettent d’espérer que la mécanique antérieure s’arrête, puis s’inverse au fur et à mesure que le dialogue se fera, que l’écoute mutuelle s’installera, que la dynamique de reconnaissance et de compréhension s’enracine progressivement.
La mécanique du conflit la plus grippée, mais au final la plus facile à désancrer s’articule en effet, non pas autour des cris, des répliques grincheuses voire de la violence verbale, mais autour du silence chronique et de la sidération qu’il provoque.
Lever un conflit nécessite ainsi de se mettre à la portée de l’autre, d’accueillir sa singularité, de comprendre pourquoi et comment il pense, analyse, agit et réagit en conséquence. Sans parole, impossible d’avancer, de progresser sur le chemin menant à l’accord, puis à l’entente.
Parlons, échangeons, rompons le silence qui nous sépare et tout sera alors à notre portée et possible, car se parler permet de gommer l’ignorance, la peur et l’incompréhension qui en résultent : voilà la solution, la seule qui prévale, tant pour résoudre un conflit que pour en prévenir d’autres.
