L’histoire du 20ème siècle a été marquée pour certaines nations par un bouleversement radical : celui de changer de capitale, de la remplacer ou même de la construire, à la nouvelle image de son ambition future.
Les changements politiques ont induit certaines de ces mutations, à portée symbolique : le bolchévisme a destitué Saint-Pétersbourg pour Moscou ; la réunification allemande a redonné à Berlin son statut de capitale fédérale.
D’autres changement furent plus pragmatiques, asseyant une volonté d’expansion d’extension ou de renforcement : ainsi en Australie, Melbourne pour Canberra, ou en Inde Calcutta pour New-Dehli, sous l’impulsion britannique.
Mais l’exemple qui me parait le plus emblématique reste le Brésil et ce choix de transférer sa capitale, de Rio de Janeiro pour Brasilia : du littoral au centre du pays, du cliché traditionnel à la construction d’une ville moderne, visionnaire, vitrine d’un pays ayant pour projection et volonté de rentrer dans le cercle restreint des grandes nations, en affichant sa singularité.
Changer, c’est s’inscrire dans le mouvement et l’avenir. C’est une dynamique, une aspiration, une ouverture. Cela marque les esprits et porte tout un peuple. Cela signifie un message fort, un espoir, un sujet raccrochant ce peuple vers une trajectoire commune. Un chemin vers l’union et la concorde. Une force.
Serait-on prêt à le faire en France ? Ne devrait-on pas le faire en France, pour bousculer nos habitudes et mobiliser le peuple vers une telle vision ambitieuse, plutôt que de se regarder le nombril à se plaindre de tout et sans cesse ?
La solution à notre marasme politique, budgétaire et sociétal, face à notre recroquevillement, à nos divisions, à la fragmentation de notre société et de son socle commun ne passe-t-elle pas par cette étape ? Ainsi, fédérer autour d’un tel projet ambitieux, mobilisateur, précurseur de réformes indispensables, telles la décentralisation, l’autonomie des régions, le fédéralisme et la simplification de la vie publique.
